Le syndrome du puceau savant

Au début, c’était juste un argument un peu clash pour un cas bien spécifique. Pour ainsi dire une insulte. Puis j’ai eu l’occasion de réutiliser cette formule tant de fois que je pense que c’est un fait. C’est ma contribution à la science, ma découverte ! La science est malade, docteur. Voici le syndrome.

Est-ce que vous prêteriez foi en un sexologue puceau ? Le syndrome du puceau savant, c’est l’histoire du mec qui cause de ce qu’il ne connait pas mais qui parce qu’il est scientifique se permet de t’expliquer n’importe quoi, n’importe comment et parce qu’il est scientifique, tout le monde l’écoute religieusement et y crois.

Le puceau savant c’est un type qui ne vapote pas mais qui a lu 150 études sur la vape écrite par d’autres gens qui ne vapotent pas non-plus et qui se permet de claquer les fonds publiques pour faire des recherches absurdes puis publier dans des revues scientifiques des conneries sans nom parce que les reviewers ne vapotent pas non plus et que donc, on peut leur raconter n’importe quoi tant qu’on y met les formes.

Le principe du puceau savant, c’est un type qui te dis « La capote, c’est pas sûr. On l’a mise sur la tête de 2000 souris, elles sont toutes mortes étouffées. On l’a mis sur la patte de 250 souris et on a constaté que ça n’empêche pas les maladies vénériennes de se propager. On l’a mise dans la mangeoire de 12500 souris, elles sont mortes d’indigestion » Oui, mais ça ne se met ni sur la tête, ni sur la patte, ni dans la mangeoire, une capote. Crétin !

Voilà qui semble très gros, vous n’y croyez pas. C’est pas possible d’être aussi con ! Mais si, je vous assure, je le vois tous les jours. La majorité des études sur la vape prouvent que le syndrome du puceau savant est un fait. Par exemple, j’expliquais à un type sur twitter que si on a 10 ans recul sur des humains, avec 40 millions de vapoteurs, et qu’on a pu remonter aucun problème clinique, on ne peut pas trouver d’effets néfaste de la vape sur une souris dont l’espérance de vie est de 3 ans sans augmenter les doses et donc étudier de la merde. C’est la dose qui fait le poison, tu bois 10 litres d’eau en 10 minutes tu es mort. Le seul moyen de faire crever une souris avec la vape est de tricher. Voilà ce qu’il me réponds:

« Not fake science. It IS science. That being said, you can disagree on conclusions from the study. « Vaping can kill you, if you vape enough » »

Alors oui, si tu mets la capote sur la tête au lieu de la mettre sur ta bite, tu peux attraper le sida lors d’une relation sexuelle. C’est de la science. Et c’est stupide. Personne ne peut vapoter assez pour dépasser la dose létale dans des conditions normales de vape. Ou si c’est possible, il faut l’inscrire au guinness book record parce que vapoter un demi-litre par jours pendant 20 ans, c’est de la science fiction.

  • On a le même problème avec le formaldéhyde. Si tu vapotes pas tu peux pas savoir ce qu’est un dry hit, alors tu peux croire qu’on peut vapoter à 5 volts sur une CE4. Ce cas là est documenté.
  • On a le même problème avec les revues qui font « référence » comme celle du NAS: Les mecs ne vapotent pas et ça se voit. Leur définition du sel de nicotine est fausse et malgré une flopée de rédacteurs, de stagiaires, de professeurs réputés et de reviewers respectés, aucun d’entre eux n’a réalisé l’erreur parce qu’ils n’y connaissent rien. Ils mettent des pages et des pages à étudier la quantité de nicotine délivrée par une vape ou la fiabilité du dosage dans les e-liquides sans jamais s’apercevoir que au fond, la vape n’a pas de posologie, c’est un auto-traitement. Donc si un jus contient moins de nicotine, tu vapotes plus. Si un jus contient plus de nicotine, tu vapotes moins. Tout ce que tu risques en cas de mauvais dosage c’est soit que ça t’arrache la gorge ( sur-dosé ) soit que tu aies envie de fumer (sous-dosé).
  • On a le même problème avec « l’efficacité de la vape n’a pas été démontrée ». On est des millions à avoir arrêté de fumer, mais tant que ça n’avait pas été publié, ça n’existait pas. Bien sûr que la vape permet d’arrêter de fumer, connard, on le voit tous les jours en boutique. Ce n’est que lorsque P. Hajek a publié son étude que enfin, le monde s’est aperçu qu’on existait, que la vape permettait effectivement d’arrêter de fumer. Depuis quelques temps, les puceaux savants répliquent à cela que puisqu’il existe de nombreux modèles de vape, on ne peut pas appliquer une étude faite avec un seul modèle à l’ensemble des modèles. Sauf que la vape, c’est toujours du PG, de la VG, des arômes et éventuellement de la nicotine. Changer la couleur d’un médicament en modifie-t-il les effets ?
  • On a le même problème avec « l’effet passerelle ». La politique de pays entiers, dont la Suisse, se base sur le fantasme qui consiste à penser que la vape mène au tabac. C’est faux mais les puceaux savants le disent alors c’est vrais, même si dans les faits, les pays où la vape se développe sont des pays où la prévalence tabagique diminue chez les jeunes.

Bon, je m’arrête là pour le moment. Il y a des milliers d’études sur la vape, je peux pas tout passer en revue mais cher lecteur, si vous trouvez un article scientifique qui corresponds au syndrome du puceau savant, postez le en commentaire svp.

Tout ça pour dire que la science est malade. Tout le monde a un avis sur tout, c’est pas parce qu’on est professeur qu’on a le droit de dire n’importe quoi. Si vous êtes chercheur et que vous voulez parler de vape, entourez vous de vapoteurs pour attester de la viabilité de vos recherches. Vous ne pouvez pas faire l’impasse, nous mépriser et croire que vous savez de quoi vous parlez.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*