Allen Carr, la méthode simple pour arrêter de fumer

Voilà quelques temps que mon fils a arrêté de fumer grâce un bouquin de Allen Carr, la méthode simple pour arrêter de fumer tout de suite sans prendre de poids, aux éditions pocket. Bien qu’étant engagé sur une autre méthode de cessation tabagique – la vape – je me suis dit que si mon fils a réussi à arrêter de fumer grâce à ce livre, alors il est intéressant que je le lise. Voici un petit résumé de ce que j’en pense.

La méthode

La méthode consiste en un lavage de cerveau volontaire qui va nous permettre – selon l’auteur – d’arrêter de fumer sans difficulté et sans effet de manque. Il dit en résumé très peu de choses mais se répète à loisir et ajoutes des exemples parlants.
Voici la liste quasi-exhaustive de ce qui est dit :

  • Fumer tue
  • Le problème de la cigarette, c’est la nicotine.
  • Fumer n’est pas une habitude, c’est une addiction.
  • Le tabac ne comble pas un vide, il le crée.
  • On allume chaque clope pour combler le manque créé par la nicotine, mais en réalité chaque cigarette entretient l’addiction et donc augmente et perpétue le problème. La seule solution est d’arrêter de fumer pour échapper au cercle vicieux.
  • Nous avons subis un lavage de cerveau pour nous faire croire que la clope nous apporte quelque chose et qu’il est difficile d’arrêter de fumer. Le livre tente d’éliminer ce lavage de cerveau en nous faisant voir la « vérité »
  • Fumer n’apporte aucun plaisir. Fumer pue, c’est pas bon, la seule satisfaction qu’on en retire est de soulager l’effet de manque. Le plaisir de la clope est une illusion.
  • Fumer n’apporte aucun soutien. Un non-fumeur n’est pas plus stressé qu’un fumeur. Par contre pour le fumeur, être régulièrement en état de manque est un stress et la seule façon de sortir de ce stress est de ne plus fumer. Ce soutient est une illusion.
  • Fumer n’aide pas à garder la ligne. Selon l’auteur, en suivant sa méthode on ne prends pas de poids, on en perds.
  • La dépendance physique à la nicotine – que l’auteur nomes petit monstre – est faible, négligeable.
  • La dépendance psychologique à la nicotine – que l’auteur nomes grand monstre – est très forte, c’est cela que l’auteur combat en tentant de reprogrammer le cerveau du lecteur.
  • La force de volonté et les substituts nicotiniques sont inutiles.
  • Arrêter la clope par la volonté est voué à l’échec et fait de votre vie un calvaire.
  • Diminuer progressivement est contre-productif car alors on renforce l’illusion de plaisir : en fumant tout le temps, on ne soulage pas un effet de manque et donc fumer n’a ni valeur ni saveur. C’est lorsqu’on a été privé longtemps d’une clope qu’elle prends tout son sens et qu’on a l’illusion qu’elle est délicieuse car elle comble momentanément le manque et prends donc une réelle valeur psychologique.
  • La peur est la motivation principale du fumeur. Peur du manque, peur de ne pas parvenir à arrêter, peur de réussir à arrêter et se priver d’un soutient illusoire, …
  • Ne pas parvenir à arrêter la clope n’est pas un échec : l’échec est de fumer. En ayant raté une cessation tabagique, on a rien perdu, au contraire on a gagné la perception de notre esclavage à la clope.
  • Les éléments déclencheurs qui nous font allumer une clope perdent tout leur efficacité lorsqu’on en a compris les mécanismes. Cesser de fumer devient alors simple.
  • Il faut y croire pour réussir

Efficacité

Le livre prétends avoir 90% de réussite parce que dans les centres Allen Carr, en cas d’échec, ils remboursent le traitement. Or ils ne remboursent que 10% des traitements. Ce chiffre donne le ton de l’ouvrage : exagéré, vindicatif et de mauvaise fois.

En cherchant sur pubmed, je vois des études disant que le taux de réussite serait de 45%. Sur wikipedia, il est question d’une étude qui aurait mesuré 53% de réussite. C’est beaucoup, peut-être même la méthode la plus efficace qui existe.

La position officielle – si j’en crois stop-tabac.ch – est que les substituts nicotiniques doublent l’efficacité des tentatives de sevrage tabagiques. Pour peu que je soies encore capable de multiplier un nombre par deux, ça veux dire que les substituts nicotiniques auraient une efficacité de 106%. Je suis heureux de l’apprendre. La mauvaise fois n’est manifestement pas l’apanage d’Allen Carr et j’aimerais en connaitre la raison, je ne comprends pas ces guerres de paroisse.

Et la vape ?

Le livre, pourtant imprimé en avril 2014, ne fait pas mention de la vape. Il dit ceci à propos des substituts nicotiniques :

« Loin d’aider le fumeur à se libérer, les substituts prolongent et renforcent l’addiction »
« Si vous prenez des substituts, vous allez déplacer le problème au lieu de le régler »
« tous les substituts renforcent l’illusion selon laquelle arrêter de fumer serait un sacrifice »

« Dans la pratique, l’immense majorité des personnes qui essayent des substituts nicotiniques finissent par se remettre à fumer. L’illusion de plaisir est très faible quand on mâchonne un chewing-gum, elle est nulle quand on porte un patch. Au bout de compte, ces personnes sont contraintes de regarder la réalité en face : elles sont de pitoyables accros à la nicotine. C’est tellement plus commode de se rabattre sur la cigarette. Là au moins elles pourront se tromper elles-mêmes sur le prétendu plaisir de fumer »

Conclusions

Parce que les résultats sont là, il serait très malvenu de critiquer la méthode d’Allen Carr. La méthode aide beaucoup de gens donc elle est bonne. L’important est de ne plus fumer, quelle que soit la méthode que vous adoptez.

Ceci dit la méthode Allen Carr est une forme de lavage de cerveau proche d’une religion : il faut croire pour que ça marche. Il n’y a qu’une seule vérité, qu’une seule solution, les fumeurs sont tous les mêmes et il n’y a qu’un seul bon moyen pour arrêter.

Ce livre est truffé d’exagérations, de petits mensonges et de mauvaise fois. Mais comme tous les bons mensonges, ils sont basés sur 90% de vérité. Il y a juste, systématiquement, une façon de présenter les choses en faveur du point de vue de l’auteur. On occulte toutes les nuances et tous les autres points de vue pour se concentrer sur l’objectif principal : Vous convaincre d’arrêter. Le taux de réussite exagéré, le dénigrement de toutes les autres méthodes, le dénigrement du manque physique sur lequel pourtant tout le livre se base, l’exaltation de la « liberté » du non-fumeur, etc … Selon l’auteur si vous ne parvenez pas à arrêter de fumer suite à la lecture du livre, c’est que vous n’avez pas totalement assimilé la seule vérité qui soit : la sienne. Il faut alors trouver en vous le doute qui subsiste et l’anéantir pour être parfaitement en harmonie avec la vérité du livre, la seule et unique vérité qui soit. C’est simple et efficace, mais cela me dérange.

La diabolisation de la nicotine m’a un peu choqué. De nombreux autres facteurs sont, il me semble, également importants dans la dépendance tabagique. En soit la nicotine n’est pas un poison. On dit souvent : « on fume à cause de la nicotine, on meurt à cause du goudron ». Autrement dit pour le vapoteur que je suis, la nicotine n’est pas toxique. Ce n’est pas ce que dit le livre.

Ce livre est un très bon exemple du mensonge utile. Il vous dit ce que vous avez besoins de croire pour arrêter de fumer sans douleur. Même pour un éternel sceptique comme moi, ce livre contient de nombreuses choses vraies qui sont une aide dans notre lute contre le tabac. Malgré que ce ne soit pas du tout mon style, je vous le recommande. Au mieux ce livre vous permettra d’arrêter de fumer, au pire il vous permettra de réfléchir à la dépendance et ne vous fera aucun mal.

Dépendance

J’ai lu ce livre alors que j’étais en vacances. S’il est inexacte de dire que le tabac n’apporte aucun plaisir, lorsqu’on vape c’est totalement faux. La clefs de la réussite avec la vape, c’est la plaisir. Vapoter est souvent un pied géant. L’autre jour, je vapotais un Jack parfaitement steppé, parfaitement dosé, sur un mod parfaitement monté et j’étais proche de l’orgasme, à chaque taff je me demandais comment c’est possible que ce soit si bon, j’avais du mal à croire la perfection de l’instant. Cependant la vape c’est compliqué. Durant ces vacances je n’avais, comme souvent quand on fait du diy, pas mes liquides préférés prêt et steppés convenablement. Pire, ma vape a changé, mes gouts ont évolués, ma tolérance à la nicotine a baissé. Mes drippers qui envoient du lourd m’arrachent la gorge. Du coup, j’ai dû vapoter sans grand plaisir, en tirant sur mon mod purement pour avoir ma dose. Et bien entendu, qui dit vacances dit promenades, j’ai trimbalé une tonne de matos à longueur de journée sous un soleil brulant dans le seul but de satisfaire ma dépendance à la nicotine en guettant à chaque instant le petit moment où je pourrai tirer une latte sans déranger personne. Et là je me suis dit que ce serait bien si j’arrivais à vapoter en zéro mg, juste pour le plaisir. Etre capable de poser mon mod le soir en sortant du taff et de passer la soirée les mains libres, les poches légères. Transformer ma dépendance en loisir, ne plus être accroché à ce truc que par ailleurs j’adore. C’est un peu pareil avec l’alcool. J’adore l’alcool – particulièrement les vins rouge amples et généreux et les bières artisanales – mais je peux passer une semaine sans en boire et sans que ça me manque. J’apprécie l’alcool pour le gout et pour l’ivresse mais n’éprouve aucun besoins de boire. J’aimerais bien arriver à ça avec la vape, et je vais tenter d’y parvenir en baissant le taux de nicotine.

2 réflexions au sujet de « Allen Carr, la méthode simple pour arrêter de fumer »

  1. Bonjour,
    Ayant pratiqué la méthode Allen Carr, j’ai cessé de fumer voilà près de 10 ans et j’en suis ravi. Mon épouse d’abord dubitative l’a lu également et résultat identique.
    Nous l’avons conseillé à de nombreux proches et relations, peu ont effectivement réussi à arrêter de fumer par cette méthode.
    J’ai eu récemment l’avis d’un médecin au sujet de ce livre, il m’a dit qu’une étude menée par des psychologues a mis en évidence qu’une majorité de personnes chez qui la méthode a fonctionné avait un QI égal ou supérieur à 125 ! …….
    Cordialement,
    Ask4answer

    1. Bonjour

      Ne le prenez pas mal, on ne se connaît pas et …
      Bien que j’aie approuvé votre réponse, il me semble possible que vous ne soyez pas du tout ce que vous prétendez :
      Ask4answer n’est pas une signature ni une adresse e-mail pour un particulier.
      Donc j’en déduis que vous pourriez bien être chargé en communication, payé pour répandre ce type de messages publicitaires.

      Ceci dit je ne conteste pas le fait que la méthode Allen Carr est un moyen parmi d’autres pour arrêter de fumer et que toutes les méthodes sont bonnes si elles fonctionnent.

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