Dosage de nicotine

Lorsque vous commencez à vapoter, une des grandes questions est le dosage de nicotine dans votre e-liquide. Voici quelques points pour vous orienter.

Tout d’abord il faut préciser que aux doses où  l’on vape, la nicotine n’est pas toxique. Pas même cancérigène. Vous pourriez avaler le flacon en entier, ça ne vous tuerais pas. En tant que fumeur, vous êtes déjà accro à la nicotine. Comme elle n’est pas toxique, ne vous gênez pas de l’utiliser le temps de vous libérer définitivement de la clope (au moins 6 mois et souvent même plus longtemps selon les spécialistes). L’important est d’arrêter de fumer, pas d’arrêter la nicotine.

Le fait d’utiliser de la nicotine double vos chances de succès.
Vous risquez moins de prendre du poids et votre entourage vous en sera reconnaissant car vous serez moins nerveux, moins irritables.

Le matériel

Pour moi le premier critère du dosage de nicotine est le matériel utilisé.
Par exemple un atomiseur Nautilus, à tirage serré et vape indirecte, permet de vapoter du 18mg/ml. Personnellement en dessous de 12mg/ml sur un Nautilus, je m’emmerde. C’est plat, j’ai l’impression de tirer sur une paille. Le nautilus se vape aux alentours de 10W.

A l’opposé, le TFV12 ou le Melo 300 (des ato « gros nuages ») se vapent facilement à 100W. On peut supposer donc que la quantité de liquide que vous allez vaporiser à chaque taff sera 10x plus importante avec un TFV12 qu’avec un Nautilus. C’est un peu comme si on compare un (petit) verre de whisky avec un (grand) verre de bière. L’un est très fort et se déguste en bouche, l’autre descends tout seul à pleines gorgées avec 7x moins d’alcool.

On ne peut pas vaper « à pleine gorgée » (vape directe) à 18mg et si un bistro vous sert un verre de 4cl de bière, vous vous direz « mais il se fout de ma gueule ou bien ? »
Pour chaque ato il y a un dosage de nicotine qui convient.

Il en ressort une évidences:  Tout comme on est plus vite bourré avec du whisky qu’avec de la bière, vous aurez plus facilement votre dose de nicotine avec un tirage serré, 10W à 18mg qu’avec un monstre qui vape à 100W en 3mg. Néanmoins il est tout aussi possible d’avoir sa dose à 3mg qu’il est possible de se torcher avec de la bière.

Pour schématiser, voici un récapitulatif de ce que je conseille par rapport au matériel, conseil qui est à ajuster en fonction de votre tolérance et de vos spécificités :

Vape serrée, autour des 10 watt =  entre 18mg/ml et 12mg/ml
Vape medium, genre Ego AIO, 20 W = entre 12mg/ml et 8mg/ml
Vape plutôt ouverte, genre Melo 3 à 30W = entre 6mg/ml et 4mg/ml
Grosse vape, plus de 60W =~3mg/ml

Généralement la puissance recommandée est notée sur la résistance, prenez la valeur basse et référez vous au tableau pour un point de départ.

Si vous fumez peu et que vous prenez la dose « haute », d’une part vous aurez moins de risque de sous-dosage, d’autre part vous aurez naturellement tendance à vapoter moins. C’est donc très bien. N’ayez pas peur d’un sur-dosage, dans le pire des cas il vous faudra faire attention à ne pas vapoter trop et vous pourrez facilement baisser un poil le dosage lors de votre prochain achat. (baisser de 1 ou 2 mg suffisent généralement pour régler un sur-dosage)

Les symptômes d’un sur-dosage sont le mal de tête, nausées, tête qui tourne.
Le symptôme d’un sous-dosage est l’envie de fumer, en particulier les clopes « clef » le matin, après le repas, le soir ou à l’apéro.
On conseille de régler votre nicotine sur les clopes « clef », celles qui sont le plus dur à éliminer.

Votre résistance à la nicotine

La principale cause d’échec avec la vape est un sous-dosage en nicotine
(j’englobe les vapo-fumeurs dans les échecs de la vape. Même si un type qui passe de 2 paquets par jour à 5 ou 6 clopes est déjà très content, pour moi si la vape vous apporte le plaisir et le shoot de nicotine que votre corps réclame, il y a très peu de chances pour que vous continuiez à fumer)

Donc par défaut je préconise le dosage de nicotine maximum à chaque fumeur et ce quelque soit sa consommation (pour autant qu’il supporte le dosage). Il n’y a pas de danger en cas de surdosage hormis celui de vous dégoutter de fumer.

A l’instar de l’alcool dans un whisky, La nicotine pique la gorge.
Plus on en met, plus le liquide est fort, plus il y a du « hit » (contraction du larynx).
Certaines personnes apprécient la sensation du hit, d’autres ne l’aiment pas.
La moitié des fumeurs souffrent de bronchite chronique, souvent on voit des gens sensibles, ayant la gorge irritée, ils risquent de tousser puis abandonner si leur matériel / dosage n’est pas adapté. Pour cette raison je fais toujours tester le matos et les jus.
Je vous recommande donc d’aller dans une boutique physique pour votre premier achat, commander sur le net ne vous permettant pas de tester avant d’acheter.

Votre consommation quotidienne

Ce petit article dit qu’en tabacologie, on dose généralement les substituts à raison de 1mg par clope que vous fumez quotidiennement et ce quel que soit la force des clopes que vous fumez.
Les clopes light ou fortes se réfèrent au goût léger ou fort du tabac, pas à sa dangerosité ni à la quantité de nicotine que vous allez inhaler. La valeur de nicotine indiquée sur le paquet est une aberration légale, un mensonge.
Donc selon l’article cité, si vous fumez un paquet par jour, vous aurez besoins de vaper 20mg de nicotine.
Je pense qu’avec la vape la dose nécessaire est plus élevée à cause du mode d’absorption ou de je ne sais quoi d’autre. Perso je compte 1.3 mg par clope, ce qui corresponds généralement à la consommation de jus constatée.

Vous pouvez à présent estimer combien de jus il vous faudra vapoter pour avoir votre dose. Supposons que vous étiez à un paquet par jour et que vous vous mettez à la vape sur un Nautilus en 18mg/ml, alors  il vous faudra vapoter entre 1 et 2 ml/jour pour ne pas ressentir de manque. C’est très économique.
Si vous avez choisi un kit Pico+Melo3 à 6mg, alors il vous faudra recharger votre tank de 2ml entre 2x et 3x par jours.
Si vous étiez à un paquet et que vous vapotez  en 3mg, alors vous aurez besoins de pratiquement 1 fiole de 10ml chaque jours.

Consommation contrôlée et clopes roulées

J’ai constaté deux pièges avec ce calcul :

  • Le cas du fumeur qui limite sa consommation
  • Le cas du fumeur qui roule ses clopes

Celui qui fumerait naturellement un paquet ou plus mais qui se limite à – mettons – 7 cigarettes par jour vous dira qu’il fume 7 clopes par jour alors qu’en réalité ce n’est possible qu’au prix d’une frustration de tous les instants. Son besoins naturel en nicotine est plus élevé que ce qu’il consomme, il fume peu mais intensément et une heure sur deux il est en manque. J’aime autant lui proposer un dosage de nicotine confortable pour qu’il ne ressente pas de manque et donc pas d’envie de fumer. Regardez combien il consommerait s’il ne se limitait pas.

Celui qui roule ses clopes est également un cas particulier. Selon Jacques Le Houezec, on peut doubler le nombre de clopes pour évaluer son besoins en nicotine.

Fréquence de vapotage

Tout comme une série de régimes alimentaire stricte entrecoupée de pauses « mac-do, pizza et kebab » entraîne l’effet « yoyo » qui malgré les nombreux régimes vous fait prendre du poids, avec la clope l’alternance du shoot et du manque induit une augmentation du nombre de capteurs nicotinique dans votre cerveau et tends à vous rendre toujours plus accro. Quand on fume une clope, au prix où elles sont, on a tendance à rentabiliser la clope et à la fumer jusqu’au bout. (15 taff en moyenne) Avec la vape, c’est différent.
Vous pouvez tirer une simple barre et reposer votre mod tranquille, vous n’êtes pas obligés de reproduire le schéma de 15 taff que vous aviez en fumant.
On conseille donc de vapoter régulièrement mais peu. Par exemple, plutôt qu’une clope de 15 taff toutes les heures, 1 taff de vape toutes les 4 minutes revient au même si on compte le nombre de taff par heure mais ça vous évite les phases shoot/manque/shoot/manque et votre addiction à la nicotine aura tendance à diminuer naturellement car votre cerveau ne verra plus le lien entre le geste et le shoot. En fait vous éliminez le shoot et vous rapprochez de l’effet d’un patch, doux et régulier.

Diminution de la nicotine

Il y a deux points de vue.

  • Le premier, celui qu’on a quand on se met à la vape, c’est que le but ultime est de tout arrêter : d’abord la clope, ensuite la vape.
  • Le second est insidieux, il nous vient à l’esprit lorsqu’on constate qu’on adore la vape. C’est se dire que la nicotine est magique, qu’on l’aime. Elle régule notre humeur, elle nous réveille le matin, nous calme le soir, nous aide à manger moins, elle est une récompense après l’effort, vapoter est un petit moment de plaisir qui ne fait de mal à personne, pas même à nous-même, alors pourquoi s’en passer ?

Mon choix personnel est bien entendu le second, mais ça ne regarde que moi. Je suis très heureux à chaque fois que j’entends quelqu’un dire qu’il a réussi à arrêter de fumer puis de vapoter et qu’il se sent désormais libre.

Dans tous les cas il y a 3 choses importantes :

  • écoutez votre corps. Si vous avez trop de nicotine, il vous le dira. Se forcer à consommer de la nicotine n’a pas de sens si on en a pas le besoins.
  • Il vaut mieux craquer pour la vape que pour la clope. Si vous choisissez de vapoter en zéro mg, c’est très bien mais en cas de crise, il vaut 1000x mieux remettre de la nicotine dans votre jus plutôt que de craquer pour une clope. Ne jetez pas votre matos après 48h sans vapoter. Gardez le, il arrive qu’on rechute après 6 mois et dans ce cas, ressortez votre matos et remettez le couvert.
  • Si vous appréciez le goût de votre jus bien dosé, il est probable qu’en baissant le taux vous n’ayez plus le même plaisir et il est certain que vous aurez envie de vapoter plus souvent. Si votre but est d’arrêter la vape, à la place de baisser le taux de nicotine, vous pouvez très bien vapoter de moins en moins souvent, mais au même taux.
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