Il faut être frapadingue

Bonjour à tous

Voilà un bail que je n’avais pas alimenté ce blog. Hier soir, j’ai lu sur un excellent groupe FaceBook d’aide au sevrage tabagique un commentaire d’une personne dont je tairai le nom à moins qu’elle ne me demande de la citer :

Il faudrait être complètement frapadingue pour oser dire que c’est mieux de arrêter avec un truc que sans….le problème c’est que la plupart des gens ne peuvent pas arrêter sans substitut, c’est simple, Wallace. ..alors comme tout est mieux que la clope…..

Je suis frapadingue. Arrêter par la volonté, je trouve ça complètement con, absurde.

Je ne devrais pas le dire car ça peut être pris pour un manque de respect et que l’important c’est d’arrêter, mais j’ai le droit de le dire car je l’ai déjà fait, j’ai déjà arrêter une fois par la volonté et donc je peux parler de mon expérience. Je ne parlerai pas des patch ni des gommes, je n’ai jamais testé mais c’est efficace selon les pro.

J’ai arrêté a la dure il y a vingt ans. L’arrêt m’a pris un an et 4 tentatives. Un an de mauvaise humeur, à bouffer, bouffer et bouffer encore, à lutter chaque jours, à me battre contre mon addiction et à être frustré, en manque. Durant un temps  j’allais jusque à suivre les fumeurs dans la rue pour respirer les effluves de leurs clopes. C’est dire le manque.

Arrêter de fumer à la dure, seul, par orgueil et volonté, ça a été pour moi un vrais traumatisme.

J’ai tenu 10 ans sans fumer mais un jour mon médecin a diagnostiqué une rcuh alors j’ai repris la clope pour me soigner. Pas de bol, c’était un Crohn. (La nicotine soigne la rcuh, fumer agave le Crohn). Vous me direz que j’aurais pu tester les patch, mais un ex-fumeur cherche toujours, même après 10 ans, un prétexte pour recommencer. À cause des cette frustration, profonde et indélébile.

Jamais je n’aurai le courage de recommencer une défume sans rien. Trop dur. Un jour un collègue est rentré de vacances avec une cigalike. J’ai commencé par me foutre de sa gueule, puis j’ai testé et aimé. Ma première ego, je l’ai achetée pour jouer. Pour économiser aussi, mais sûrement pas pour arrêter de fumer, je ne suis pas de ces chochottes qui on peur de tout, même de choses qui arriveront dans très longtemps. En 1 taff de vape, j’ai quitté le tabac. Sans efforts, sans volonté, sans mauvaise humeur, sans manger plus, comme un gosse à jouer avec mon gadget. Si vapoter est plus fun, que tu as ton rituel, ta récompense et ta nicotine, pourquoi fumer ?

Pour celui qui stop à la dure, justune fout tout en l’air. Ce n’est pas le cas avec la vape, on peut très bien passer une soirée à fumer (panne de batterie, des potes insistants, etc …), puis reprendre son substitut avec soulagement. Depuis que je vape, fumer me dégoutte. Aucune envie, aucun manque. Facile. Ça fait plus de 3 ans que je vape, je découvre encore plein d’arômes parfois improbables, surprenants, j’adore. Pourquoi arrêter ? Ça ne me fait pas de mal. Je ne suis pas plus dépendant à la vape que je ne suis dépendant à l’électricité, aux transports publics ou aux bisous de ma copine. Vapoter sans nicotine ? Peut-être, pour voir, mais a quoi bon ? La nicotine n’est pas nocive, elle régule mon humeur, mon appétit, elle m’aide à me concentrer et mieux encore, elle est le prétexte parfait pour justifier, devant tous les esprits chagrins, ma vape.

Faisons une petite métaphore :
Il faudrait être complètement frapadingue pour oser dire que c’est mieux de prendre sa voiture pour franchir les alpes que d’y aller à pied. Le problème, c’est que la plupart des gens sont des patachons incapable de faire un effort.

Arrêter de fumer à la dure, c’est comme gravir une montagne. Certes pour ceux qui arrivent au sommet, il y a de la fierté, on a accomplis un exploits, on se sent plus fort, on peut en être fier. Mais l’objectif n’est pas de se sentir plus fort, l’objectif est de franchir l’obstacle, de ne pas crever d’un cancer du poumons. Combien de gens sont capables de franchir les alpes à pied ? Combien ont assez d’envie, de force et de temps ? Prends ta caisse, vas y et c’est réglé. Oui, je balaie d’un coup des décennies de lute anti-tabac, je le dis, c’est des conneries. Les témoignages de gens qui luttent, qui pleurent tous les matin parce qu’ils ont envie d’une clope mais qui tiennent bon, qui chutent puis se relèvent, qui boivent un verre d’eau pour passer le manque, tout ça me fait pitié. C’est complètement con. Admirable mais inutile. 

Il y a 30% de la population – à la louche – qui fume et selon moi la vape peut faire stopper la clope facilement et rapidement à environ le tiers d’entre eux. Un second tiers sera plus difficile à convaincre, la vape leur convient mais ils ne se détachent pas si facilement du tabac. Puis il y a un tiers à qui la vape ne convient pas et pour ces gens là, je conseillerai de tester la iQos ou un truc similaire. Les obstacles que l’OFSP nous met en travers du cloud empêchent à la louche de sauver 3000 morts chaque année, c’est une honte. La volonté des hôpitaux, par exemple, d’interdire de vapoter à l’intérieur, les privent d’une opportunité incroyable d’aider les gens à quitter le tabac. Et tout cela parce que tous ces gens sont convaincus que le mieux c’est d’arrêter, « tout simplement ». 

Si c’était simple, ça se saurait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*