La bonne farce

La vape, c’est une sacré farce, ça va tout de travers.

C’est comme un type qui tente de monter à une échelle.
Sauf que les pieds sont plus enthousiastes que la tête, alors les pieds montent en premier. La tête qui n’a rien demandé se retrouve à l’envers et ne comprend pas ce qui lui arrive. Il y a une main qui tente de grimper pour aller voir ce qu’il y a en haut et une autre main qui tente de s’accrocher aux barreaux, désespérément. Chaque membre tente d’aller dans une autre direction et ce pantin semble désarticulé.

Les pieds, c’est la base, le petit peuple des vapoteurs.
Ils sont en haut de l’échelle et voient tout depuis là. On est les premiers au courant :
On ressent personnellement et physiquement les avantages de la vape. On s’est libéré d’une addiction comme par miracle. On est tout le temps sur le net et on connais mieux le sujet que n’importe qui d’autre. Pour nous, les avantages de la vape libre sont tellement évidents qu’il faut absolument luter pour la conserver telle quelle, sauvage et dynamique, inventive et révolutionnaire. A présent qu’on est en haut de l’échelle de la compréhension, on prends tous les autres pour des cons et on écoute strictement rien si ça ne va pas dans notre sens.

La tête, c’est les politiciens, les professionnels de la santé publique, les décideurs. Ils n’ont jamais demandé à ce que la vape existe et n’en veulent pas. Méfiance, c’est nouveau ! Marie Sole Touraine disait l’autre jour sur Twiter : « Pourquoi les vapoteurs me harcèlent » La tête à l’envers, ils voient tout de travers et confondent clope et vape. Ils ne savent pas trop où ils en sont mais puisqu’il faut légiférer, alors ils légifèrent.

La main droite ce sont les praticiens pragmatiques qui voient des fumeurs, de plus en plus nombreux, passer à la vape. Ils voient le niveau de santé des vapoteurs qui s’améliore comme pour n’importe quel ex-fumeur. Les résultats sont là. Ces vapoteurs sont enthousiaste et de plus en plus nombreux, donc au début avec crainte, puis avec enthousiasme ces praticiens saisissent cette nouvelle façon de luter contre le tabac, défendent la réduction des risques et admettent qu’il faut dialoguer avec les vapoteurs pour apprendre comment ça marche. Cette main tente de remonter l’échelle et voir ce qu’il y a en haut, en se rapprochant des pieds.

La main gauche, qui s’accroche aux barreaux de l’échelle, c’est les praticiens dogmatiques. Ils sont d’une mauvaise foi crasse parce que pour eux, la seule voie est l’abstinence. Depuis des décennies ils défendent une politique cohérente et ne veulent pas tout foutre en l’air à cause d’un gadget chinois. Ils dénigrent toute étude positive pour la seule raison que ça va en faveur de la vape. Toutes leurs recherches sont faites pour trouver d’éventuels problème, ils ne recherche jamais les avantages. Ils n’ont pas d’arguments solides car leurs études n’aboutissent qu’à du positif mais n’en démordent pas car ils ont une croyance à défendre. Sur des résultats positifs, ils parviennent à extraire une conclusion alarmiste.

Pendant ce temps, les lobby du tabac tentent de pousser l’échelle dans la direction qui leur rapportera le plus. Typiquement, la directive anti-tabac votée l’an passé par l’EU contient des amendements écrits directement par le lobby du tabac.

La nouvelle loi Suisse sur le tabac mélange deux choses qui n’ont rien à voir : la vape et la clope. Le risque, c’est qu’on s’aligne sur la France, dont les textes ont pour objectif d’interdire tout matériel qui ne ressemble pas à ce que big tabaco veut produire (du cigalike principalement, particulièrement inefficace tant en rendu qu’en moyen de sevrage tabagique) Donc cartouches scellées, limitation arbitraire de la taille des flacons, etc … Et surtout un max de réglementations pour qu’il soit trop onéreux à produire par de petites entreprises. Il souhaitent faire en sorte que produire des e-cig soit le plus cher possible pour éliminer la concurrence, jeune et peu fortunée. Et poser des délais légaux très longs pour éviter qu’un investissement produit n’ait pas le temps d’être rentabilisé.

Je ne pense pas qu’on ait affaire à des politiciens incompétents. Le fait qu’ils ne connaissent pas l’avantage d’un sleeping fused clapton en full vg ne les rends pas idiots.
Avec le récent rapport du PHE, l’organe officiel anglais de santé publique qui dit que la vape est 95% moins dangereux que la clope, ils ont un dossier sérieux à prendre en compte mais ne changent pas pour autant d’avis. Ils sont donc certainement des raisons et des idées à défendre, ou alors ils s’en foutent, c’est pas porteur question électorat. Côté OFSP, je pense qu’ils ont peur que des non fumeurs se mettent à vapoter. Même si actuellement ce n’est pas le cas, ils souhaitent tout faire pour que ça n’arrive pas, quitte à sacrifier les actuels fumeurs. Ils ont peur parce que la vape c’est cool. Reste que leur approche est contre-productive. Définir la vape comme une méthode de réduction des risques et l’utiliser comme outil de sevrage tabagique devrait être généralisé car c’est efficace. Toute limitation ne va conduire qu’à une baisse d’efficacité du produit.

Pour conclure je pense que les opinons sont forgés depuis longtemps et qu’il est très difficile de changer d’avis. Les évidences scientifiques ont commencés à être claires et suffisantes depuis trop peu de temps, après que les projets de loi soient définit. (en août 2014, la même recherche pubmed sortait 150 résultats environ, 20x moins qu’aujourd’hui) Il est peut-être trop tard, la seule option qui s’offre à nous est d’attaquer le gouvernement en justice. Et ça c’est pas gagné.

Plouf

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