Le truc que j’ai pas le droit de dire

Sur FaceBook, ces temps un programme d’aide aux fumeurs a été mis en place :
Le 20 mars, j’arrête de fumer
Les vapoteurs rient jaune, ce truc coute un prix de fou (1.2 millions de francs suisses à ce qu’on m’a dit) et fait exactement ce qu’on fait déjà gratuitement depuis des années : créer une système d’entraide sur internet pour que les fumeurs lâchent la clope. Nous avec la vape, eux sans. Personnellement, ayant depuis déjà deux ans décidé de consacrer ma vie à la lute contre le tabac je dois avouer que le prix ne me choque pas : Mon frigo ne se remplis pas tout seul par magie, si on souhaite se consacrer à plein temps à une tâche il faut bien avoir une source de revenu, que ce soit l’AI, un shop ou une petite ponction sur je ne sais quel budget de l’état. Cela ne me dérange pas spécialement de voir que mes impôts servent aussi à cette noble cause. Je n’ai pas vu le budget mais j’espère que des gens compétents ont fait en sorte que ce soit une dépense intelligente et proportionnée. Certains diront que ma candeur frise la naïveté mais j’ai foi en l’humain et j’accorde par principe le bénéfice du doute.

En revanche, ce qui me dérange encore et toujours, c’est le mensonge et la mauvaise foi.

Je n’ai pas le droit de dire ça sur le groupe FB parce que je n’ai pas le droit de saper l’effort que ces gens déploient à sauver des vies. Qu’importe la méthode, l’important est de ne plus fumer, ça c’est clair. En revanche, j’ai le droit de le dire ici il me semble.

En matière de mauvaise foi, charité bien ordonnée commence par sois-même, j’admet que ma position est délicate, je débarque sur leur machin comme un lourd pour y défendre la vape alors que c’est mon métiers et que donc ça pourrait éventuellement, de façon indirecte, m’attirer de nouveaux clients. Une fois qu’on a fait le pas de devenir un professionnel, dissocier la cause de l’intérêt qu’on y trouve n’est plus possible, les deux sont liés. En général sur ce genre de truc (je participe parfois à titre privé au forum stop-tabac notamment) du moment que je ne fais pas de publicité directe pour Fumerolle, je considère que je reste correct. Je ne cite pas mon shop mais je ne me cache pas non-plus et celui qui souhaite savoir qui je suis a le droit de le savoir. A vrais dire si je participe sur ce programme FaceBook, c’est surtout parce que c’est une occasion rêvée de pouvoir interpeller publiquement un représentant de l’autre camp, un anti-vape, qui est obligé de répondre car sans cela il sape son propre travail. J’ai besoins de réponses, je ne comprends pas leur attitude et donc j’utilise ce programme d’aide pour en obtenir. Comment ces gens peuvent passer à côté de la vape, l’outil le plus efficace à ce jour pour arrêter de fumer, c’est une mystère qui ne cesse de me hanter.

Bref, je me suis réveillé cette nuit à 4h du mat et j’ai repensé à la méthode que ces gens proposent. Et je pense que leur méthode repose sur un mensonge. Un peu comme le livre de Allen Carr.

Si je repense à la clope, quelles images est-ce qu’il me reste de ces années de tabagisme ? Que de bons souvenirs. Je me revois avec des mes collègues à plaisanter, à raconter ma journée, à me détendre et à vider les petits tracas en tournant au ridicule les petites frustrations du travail.
La pause clope avec les collègues, c’était le meilleur moment de la journée. Toutes les pauses clope, plutôt. C’était le petit moment de détente et d’amitié, un petit rituel qui rendait le travail sympathique, un bref instant de complicité avec des gens qui sans cela n’auraient été que des visages ternes concentrés derrière leurs écrans.
La pause clope, c’est la petite récompense après chaque action qui en méritait une, ou encore le petit moment de réconfort après un truc pas cool
La clope, c’était un petit moment pour s’aérer les poumons (si si, même si ça semble absurde ça fait du bien de respirer profondément, même si c’est avec de la fumée), se changer les idées, c’est vraiment un truc agréable.
La clope c’est un petit truc convivial qui m’a permis d’adresser la parole à plein de filles qui sortaient aussi pour en griller une, quand on se retrouve dans le coin fumeur on a que des amis et c’est toujours l’occasion d’en placer une et de rire avec les gens présents, voir même de faire une rencontre.
Quand on fume, on ne réalise pas à quel point on pue. On sait que c’est nocif, mais c’est une notion abstraite. Souvent on a pas vraiment conscience de fumer tellement c’est machinal mais c’est à la fois une excuse pour tout le côté social, c’est un petit rituel, c’est tout plein de choses en plus d’assouvir son manque.

Bref, voilà ce qui me reste de la clope. De l’amitié, du plaisir, du réconfort, un geste anodin qui souligne chaque moment de la journée soit pour apaiser un moment désagréable ou pour célébrer un truc positif, tout en créant nombre de petits moments forts sympathiques. La clope est une récompense, un stimulant et un plaisir, c’est ce dont je me souviens. Non pas uniquement le tabac lui même mais tout ce qu’il y a de bien dans le fait de s’arrêter avec un petit prétexte débile pour réfléchir, se détendre, rire, se changer les idées, exposer une idée à un collègue, etc … C’est aussi ça, la réalité psychique du fumeur. Et quand on arrête de fumer, non seulement on se fait du mal parce qu’on se bat contre sois-même mais en plus on doit renoncer à tous ces meilleurs moments de la journée.

L’avantage avec Allen Carr, c’est qu’au moins il aborde le sujet. Il le décortique même et propose au lecteur de se reprogrammer et de se faire croire que ça n’est pas vrais. Le mensonge utile, comme on en voit dans toutes les religions et dans toutes les méthodes de développement personnel à l’américaine. (je suis croyant mais je crois avant tout en la vérité, ne le prenez pas mal, je ne crois à rien que je n’aies pas pu établir comme étant vrais pour moi).

Alors voilà, 5 jours avant le 20 mars, date du début du programme FaceBook « j’arrête de fumer » où 1600 vaudois inscrits vont tenter d’arrêter la clope, je suis très curieux de voir ce que monsieur « J’arrête de fumer Vaud » va faire de cette aspect bien réel du tabac. Pour le moment il dit, je cite :
« Le vapotage n’est pas l’idéal pour arrêter de fumer car il conserve la gestuelle, c’est pourquoi nous ne le préconiserons pas durant ce programme mais préfèrerons parler des substituts nicotiniques. »
Eh ! Monsieur le professionnel du sevrage tabagique, t’as pas l’impression d’avoir loupé un truc ? T’as pas un petit sentiment de malaise quand tu écris de telles absurdités ? Comment tu fais pour te regarder dans un miroir en pensant que ton travail va aboutir à un taux de réussite minable parce que tu n’as pas regardé les choses en face et que tu n’as pas utilisé tous les outils à ta disposition pour réussir ?

Edit:
Après discussion avec Monsieur « J’arrête de fumer », il ressort qu’ils ne sont pas fondamentalement opposés à la vape, mais dans un pays qui interdit la nicotine dans les e-liquides, comment peut-on immaginer qu’un organe officiel en fasse usage ? On en revient à un problème politique dont le CIPRET est comme nous, victime. Désolé d’avoir pété une durite 🙂

C’est là que la vape est vraiment magique. La vape c’est comme la clope, une récompense. On peut sortir « fumer » avec les collègue, pas besoins de renoncer à ces poses, on remplace juste le goudron par de la vapeur mais on conserve tout ce qu’il y a de positif dans le tabac, sans tabac. En fait la vape c’est encore meilleur que la clope parce qu’on y trouve une recherche hédoniste du gout, un art savant du meilleur coil qui envoie grave, une petite tendance à la collectionnite avec des objets magnifiques et tout ça avec un truc qui ne tue pas.

Un patch, une nicorette ou un anti-dépresseur n’est pas et ne peut pas être une récompense. C’est deux fois plus efficace que rien du tout mais après des décénies de lute anti-tabac, le constat est clair, la clope est toujours là, elle tue toujours et aucun programmes de prévention n’a réussis à éradiquer ce fléaux.

Voilà pourquoi je défends la vape, voilà pourquoi la vape marche mieux qu’un « substitut nicotinique agréé ». La vape, c’est délicieux.

Une réflexion au sujet de « Le truc que j’ai pas le droit de dire »

  1. Dans notre monde entièrement faussé par une morale tournée à fond contre notre nature , on ne supporte pas qu’un plaisir ne se paye pas par des conséquences néfastes: sucre=diabète, alcool=cirrhose, bouffe=surpoids, piner=sida, etc, etc.

    Vaper impunément est donc un péché et pire une perte de gain insupportable pour certaines industries qui payent les campagnes électorales (et peu d’impôts): trop c’est trop !

    Le problème c’est que même avec des battons dans les roues, il est IMPOSSIBLE d’arrêter le mouvement, alors qu’ils aillent tous au diable, on s’en b.l.c. !

    Bonne vape à donf

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