RTS vendredi 12 janvier, le sujet sur la vape dans l’édition du 19:30

Chers membres de l’équipe RTS,

Suite à votre sujet sur la vape vendredi 12 janvier dans l’édition du 19h30, je me permets de vous écrire en tant que professionnel de la vape et représentant romand de la Swiss Vape Trade Association (SVTA).

Pour que vous puissiez comprendre mon point de vue, je vais reprendre tous les arguments du Dr Chung-Yol et les appliquer à l’eau.
Vous pourrez constater que si ce que vous dites sur la vape fait peur, ça n’est finalement pas si dramatique : Le risque zéro n’existe pas mais le degré de « dangerosité » est à relativiser.

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L’autre jour à la Migros, j’ai vu un gosse de 12 ans acheter une bouteille d’eau !!!
S’il vous plaît, faite venir à nouveau le médecin cantonal, le Dr Chung-Yol Lee.
Il pourra vous confirmer en direct les faits suivants :

– L’eau est un solvant
– L’eau peut contenir des traces de métaux lourds
– Boire de l’eau à la bouteille dans la rue pourrait re-normaliser l’alcoolisme.
Éventuellement des jeunes qui n’ont jamais consommé de bière pourraient commencer par boire de l’eau et devenir alcoolique.
(le lien de cause à effet n’a jamais été démontré mais comment résister aux attraits du sophisme de la pente savonneuse ?)

Le grand problème c’est que pour l’heure l’eau tombe sous le coup de la loi sur les produits alimentaires et non pas sous le coup de la loi des produits pharmaceutiques.
Les producteurs ne sont donc pas soumis au principe de la transparence dans le procédé de fabrication.
Il y a donc de nombreux fabricants et de nombreux produits. Impossible de les analyser tous.

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Comme vous le voyez, on peut effrayer les gens sur n’importe quel sujet en disant presque la vérité (mais pas toute), il suffit d’appliquer un traitement négatif.
C’est ce que vous avez réussi au sujet de la vape vendredi.

Un petit détail à rectifier : En Europe, suite à la TPD (directive sur les produits du tabac) chaque e-liquide vendu doit faire l’objet d’une notification.
C’est ainsi que 89’000 e-liquides ont été analysés en laboratoire, créant un nouveau segment de marché sans pour autant diminuer les cas d’intoxications qui n’existaient déjà pas avant.
Il est donc possible de les analyser tous, et ils le sont.

Vous affirmez que  « pour les professionnels de la santé, le produit en lui-même reste dangereux »

Pour un nombre grandissant de scientifiques et de professionnels de la santé – dont le GREA – la vape représente une opportunité sans précédent dans la lutte contre le tabagisme.
La réduction des risques fait partie de la politique des 4 piliers adopté par la confédération.
L’interdiction de vente de e-liquides contenant de la nicotine est une entrave au principe du cassis de Dijon dépourvue de base légale.
Nous attendons depuis 2 ans maintenant l’issue de notre recours à ce sujet.

Note : Lorsque plusieurs études se contredisent, les scientifiques procèdent à une méta-analyse et à une revue systématique pour confronter les différents résultats, trouver des évidences et tirer des conclusions.
Une méta-analyse a plus de poids qu’une simple étude car elle diminue les biais méthodologiques et additionne les résultats.
Les méta-analyses existantes sur la vape concluent à une réduction des risques d’au moins 95% et à l’absence d’effet passerelle.

Notez encore que je ne cautionne pas le fait qu’un shop vende une cigarette électronique  à un gosse de 12 ans.
A vrais dire, je vais même jusqu’à douter que ce fait soit réel et qu’il se soit produit dans un shop spécialisé.
Dans le contexte politique actuel, où un projet de loi est en cours et qu’une initiative « Protéger les enfants et adolescents face à la publicité pour le tabac » est en préparation, ne serait-ce pas une simple manipulation politique ?
Avez-vous vérifié vos sources ?

Suite à votre reportage, le public a retiré une image négative de la vape, un outil qui sauve des vies.
Ce qui n’a pas été dit :

– Le tabac tue 9500 personnes en Suisse chaque année
– Le sucre tue aussi, 1300 personnes sont mortes en Suisse d’un diabète sucré en 2015.
– La vape, avec 13 ans d’existence et environ 30 millions d’utilisateurs de par le monde, n’a jamais tué personne. La vape est probablement beaucoup moins nocive que le Coca. Êtes-vous choqué de voir un enfant boire un coca ?
– Malgré des décennies de luttes anti-tabac, environ 30% de la population Suisse fume. La lutte contre le tabac est un échec.
– La vape est l’outil de cessation tabagique le plus efficace dont on dispose actuellement.
– Les jeunes de 15 à 25 ans sont la tranche d’âge de la population la plus touchée par le tabagisme.
– Nombres de fumeurs ont commencé à fumer à 12 ans. Et ce même dans les cantons où la vente de cigarette est interdite aux mineurs. L’interdiction n’est donc pas une solution, même si dans le cas du tabac elle tombe sous le sens.
– Plus une personne commence à fumer tôt, plus il lui sera difficile d’arrêter.
– Interdire aux jeunes fumeurs l’accès au moyen le plus efficace pour arrêter de fumer ne protège pas les jeunes, cela protège le tabac.
– Aux USA, dans les états qui n’ont pas interdit la vape aux mineurs on a constaté une diminution du tabagisme chez les ados.
– Lorsque ces mêmes états ont interdit la vape aux mineurs, la prévalence tabagique chez les jeunes a augmenté à nouveau pour revenir au stade initial.

Ce que j’écris ici est issu de données scientifiques.
Si vous avez le moindre doute ou simplement un quelconque intérêt,
c’est très volontiers que je vous envoie en référence la liste des études et méta-analyses sur lesquelles je me base.
Je me tiens également à votre entière disponibilité pour défendre les points ci-dessus de vive voix.

Avec néanmoins mes sincères salutations

Nicolas Michel

P.S.
Dans la mesure où c’est une affaire de santé publique, je me permet de poster mes propos à divers endroits sur le net pour que cette réponse soit publique.

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